Profil Enseignant-chercheur : interview de Benoît Miramond

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Publié le 20 octobre 2023 Mis à jour le 30 janvier 2024
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Benoît Miramond, Enseignant-chercheur et Directeur de la recherche à Polytech Nice Sophia, nous partage sa vision de son métier et nous fait découvrir au travers de cette interview le quotidien de sa casquette de chercheur !

Retrouvez également la vidéo de l'interview en fin de l'article

A travers ce cycle de portraits de chercheurs et de chercheuses qui s’amorce cette année, j’aimerais que les étudiants de l’école prennent le temps une fois par mois de lire cette petite rubrique qui leur fera découvrir différemment les enseignants qu’ils côtoient au quotidien. Ce sont des personnes investies d’une mission, ils et elles distillent le savoir pour le rendre intelligibles et transformer ce savoir en compétences. Le métier d’enseignant-chercheur est unique et offre une position rare dans notre société qui court à cent à l’heure. Pour nos étudiants, futurs ingénieurs, entrer en contact avec le monde de la recherche est l’assurance d’aborder leur futur métier avec plus de recul, une meilleure méthode de travail et une plus grande ambition à traiter des problèmes complexes mais qui ont un réel impact sur notre quotidien. C’est aussi une opportunité pour s’interroger sur sa place et sa contribution à partir d’exemples de questions scientifiques venant de plusieurs disciplines. La recherche conduit à l’innovation, l’innovation est le moteur de l’économie et les deux sont un cadeau pour notre intelligence. Découvrez ces portraits, aller au contact de vos enseignants, et ambitionnez-vous !

Benoît Miramond Directeur de la recherche à Polytech Nice Sophia

1/ Pouvez-vous décrire votre domaine de recherche et les questions sur lesquelles vous travaillez quand vous n’êtes pas devant les étudiants de l’école ?

Je suis porteur de la chaire d’IA bio-inspirée au sein de l’institut 3IA Cote d’Azur. Je recherche des modèles d’IA inspirés des réseaux de neurones biologiques et du fonctionnement du cerveau. L’objectif est de rendre l’IA plus économe en énergie de manière à les intégrer dans des dispositifs électroniques autonomes d’une part, et de contribuer à réduire au quotidien la facture énergétique de l’IA d’autre part. Avec mon groupe de recherche eBRAIN au sein du laboratoire LEAT, nous développons de nouveaux algorithmes, nous entrainons nos modèles de réseaux de neurones sur des données venues de cas réels et nous concevons des architectures électroniques neuromorphiques supportant efficacement ces modèles pour les appliquer dans les contextes automobiles, IoT, spatial, robotiques… 

2/ Quel est le dernier résultat majeur que vous avez atteint avec les membres de votre équipe ?  

Je participe à l’organisation et l’avancement d’un projet de recherche national appelé EMERGENCES financé par le programme PEPR IA de l’ANR. C’est un projet important cherchant à joindre les efforts de plusieurs laboratoires nationaux pour faire émerger de nouveaux modèles d’IA à la fois inspirés de la biologie mais aussi des modèles proches physiques qui tentent de profiter des propriétés de certains matériaux pour réduire le cout de calcul de l’apprentissage machine. Ce projet est ambitieux mais dispose aussi de moyens importants pour recruter des stagiaires ou doctorants à Sophia-Antipolis au sein du LEAT aussi bien que partout en France dans les laboratoires partenaires à Grenoble, Montpellier, Saclay, Bordeaux ou encore Lille. 

3/ Quelle est la spécificité de ce domaine de recherche sur le territoire des Alpes-Maritimes ?

Produire des modèles d’IA plus économe est particulièrement important pour les applications dites d’EdgeAI, c’est-à-dire lorsqu’on cherche à doter des dispositifs électroniques de fonctions intelligentes. C’est un sujet qui intéresse beaucoup de partenaires industriels de Polytech et du LEAT installés à Sophia-Antipolis, comme Renault, NXP, ARM, STMicroelectronics, Bosch, Huawei, Thales pour n’en citer que quelques-uns. C’est un secteur qui devrait être en pleine croissance dans les années qui viennent et qui va demander de nouveaux talents avec une expertise transverse. C’est notamment pour cette raison que l’IA est enseigné dans toutes les spécialités de l’école. 


4/ Dans quelles formations enseignez-vous et comment votre recherche influe-t-elle sur vos enseignements au sein de l'école ? 

J’enseigne au sein du département Sciences Informatiques (SI) dans les 3 années du cursus d’ingénieur. J’enseigne l’architecture des systèmes embarqués, l’EdgeAI, la co-conception logicielle/matérielle pour l’IA et aussi l’introduction à la recherche scientifique. Evidemment mes cours sont fortement influencés par mon activité de recherche et par l’évolution de la recherche internationale. Les cours, TD et TP sont donc mis à jour chaque année pour refléter cet avancement. J’essaie par exemple que les étudiants puissent directement utiliser en TP nos résultats à travers des outils, méthodes ou algorithmes qui les projettent vers l’ingénierie avec un regard et une sensibilité particulière pour l’innovation et la création.  

5/ Et pour finir, quel est votre prochain rendez-vous avec les étudiants de l’école ?

Au-delà des premiers cours d’introduction à la recherche qui démarrent en 3A au premier semestre pour toutes les spécialités, je donne rendez-vous aux étudiants durant le Forum SophiaTech pour leur présenter les sujets de stage qui seront proposés au sein des différents laboratoires associés à l’école. Ce sera comme chaque année vers la fin octobre.

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